La Fémis appelée à faire évoluer son modèle de formation

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La façade de la Fémis, à Paris, en 2021.

La mythique école de cinéma française, la Fémis (Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son), celle qui a formé Arnaud Desplechin, François Ozon ou, plus récemment, Céline Sciamma et Rebecca Zlotowski, fait l’objet d’un rapport critique de la Cour des comptes, rendu public vendredi 1er mars. Les magistrats se sont focalisés sur cette institution qui prépare à sept métiers différents (production, scénario, réalisation, image, son, décor et montage) en analysant son évolution depuis 2016.

Première constatation, le modèle de « formation initiale d’excellence (…) peine à s’adapter aux enjeux du secteur ». La Cour note toutefois « qu’en dépit de l’image d’entre-soi dont elle peine parfois à se défaire le recrutement de l’école est ouvert et elle a su développer de nouveaux programmes en matière d’égalité des chances ». Sur les 1 054 candidats en moyenne qui se présentent au premier tour du concours, 171 sont recrutés en première année – dont 41 en réalisation et 34 en scénario. La scolarité axée sur la pratique, le travail d’équipe et le modèle pédagogique porté par des intervenants professionnels permet de créer des promotions soudées.

« Situation financière tendue »

La Cour n’en souligne pas moins le coût très élevé de cette formation pour l’Etat – proche de 50 000 euros par an et par étudiant. Ce dernier ne paie que 438 euros à l’école. Selon ce rapport, la Fémis gagnerait à « mettre en place un suivi personnalisé et des mécanismes de soutien pour accélérer l’insertion professionnelle » des élèves. Autre reproche, l’école, dirigée par Nathalie Coste-Cerdan et dont Michel Hazanavicius préside le conseil d’administration, reste trop peu intégrée « aux réseaux de recherche » et devrait développer sa visibilité à l’international.

La Cour déplore aussi « une situation financière tendue en raison d’une forte dépendance au Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et de l’incompressibilité de l’essentiel de ses dépenses ». Avec un budget de fonctionnement de l’ordre de 12 millions d’euros – financé aux trois quarts par le CNC –, l’école reste « quasi constamment déficitaire ». Or, les leviers d’action en matière de réduction des dépenses ou d’augmentation des ressources propres sont si limités que l’école n’arrive pas à financer ses investissements. Selon les auteurs, « l’absence de visibilité budgétaire et financière est un problème majeur et critique », qui enferme la Fémis dans une logique de « gestion annuelle à courte vue ».

Lire aussi l’enquête : Article réservé à nos abonnés Quand les étudiants déboulonnent Godard, Koltès ou Tchekhov

Le rapport constate, par ailleurs, « une gestion administrative et financière fragilisée par une équipe sous-dimensionnée et un contrôle interne déficient ». La stratégie immobilière soulève également de nombreuses interrogations. « Malgré la superficie importante du bâtiment, l’école reste confrontée à un manque d’espace permanent », souligne ce rapport. D’où la nécessité d’envisager rapidement soit la création de nouvelles surfaces, soit une expansion hors les murs.

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