Israël dans la tourmente avant le vote de la réforme de la justice du gouvernement Nétanyahou

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Des milliers d’Israéliens marchent vers Jérusalem pour protester contre le projet du gouvernement de refonte du système judiciaire, le 22 juillet 2023.

Pâle sous une épaisse couche de maquillage, Benyamin Nétanyahou se tient seul face à la caméra, dans un bureau de l’hôpital Sheba de Tel-Aviv. Des médecins viennent de lui poser un pacemaker, dimanche 23 juillet. Le premier ministre israélien avait révélé la veille au soir une faiblesse cardiaque, après une première hospitalisation voilà une semaine. Il sourit, se veut rassurant et promet qu’il sera bien parmi les siens, lundi au Parlement, pour le vote final du premier volet de sa réforme de la justice, qui ambitionne de bouleverser l’équilibre des pouvoirs au profit de l’exécutif.

Ce vote est un gouffre, au bord duquel l’Etat juif vacille comme jamais depuis sa création. Peu avant, le chef d’état-major, Herzi Halevi, a affirmé dans une lettre aux soldats qu’Israël « n’existera[it] plus en tant que pays dans cette région » si l’armée continuait de se fracturer dans les convulsions que suscite la réforme. Au moins 12 000 réservistes, dont quelque 500 pilotes et plus de 1 000 membres du renseignement, ont annoncé durant le week-end qu’ils allaient cesser de se porter volontaires au sein d’une « armée du peuple » qui dépend d’eux pour son bon fonctionnement, certains immédiatement et les autres si la loi était votée lundi.

Un porte-parole de l’armée a reconnu que si ce mouvement se poursuivait, « la capacité d’intervention de l’armée sera[it] endommagée avec le temps, et ce pourrait être des dommages majeurs ». Dans la nuit de dimanche à lundi, Le président américain, Joe Biden, s’est autorisé à peser publiquement, avec une clarté inédite, sur la vie politique israélienne, en affirmant au journaliste Barak Ravid que « la proposition de réforme judiciaire en l’état suscit[ait] plus de divisions, pas moins. Compte tenu de l’éventail des menaces et des défis auxquels Israël est confronté actuellement, il n’y a aucun sens à ce que les dirigeants israéliens la précipitent – la priorité devrait être de rassembler les gens et de chercher un consensus ».

Quelques jours plus tôt, M. Biden avait reçu le président israélien, Isaac Herzog, à la Maison Blanche. Ce dernier s’est précipité dès son retour de Washington, dimanche soir, à l’hôpital Sheba pour s’entretenir avec M. Nétanyahou, puis en ville avec les principaux élus d’opposition, après des mois passés à tenter de dessiner un compromis entre les partis.

Samedi 22 juillet dans l’après-midi, une marée humaine était entrée dans Jérusalem, au terme de quatre jours de marche depuis Tel-Aviv et la plaine côtière. Ces dizaines de milliers de manifestants cherchent à contraindre M. Nétanyahou à enterrer la réforme, contre laquelle nombre d’entre eux protestent chaque semaine depuis janvier. Les organisateurs n’avaient réuni que quelques dizaines de personnes pour le départ de la marche, mardi 18 juillet au soir.

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