Espagne : Vox, le parti d’extrême droite au centre du jeu lors des élections législatives anticipées

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Le président du parti espagnol d’extrême droite Vox, Santiago Abascal, à Madrid, le 19 juillet 2023.

Alors que la chaleur de l’été accable une large frange du royaume et que beaucoup d’Espagnols sont en vacances, près de 37,5 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, dimanche 23 juillet, pour élire leurs députés et sénateurs.

La date a été fixée de manière inattendue par le chef du gouvernement de gauche, le socialiste (PSOE) Pedro Sanchez, après la déroute de son parti aux élections locales du 28 mai. S’il est à craindre qu’elle joue négativement sur le taux de participation, plus de 2,5 millions de personnes (+ 160 % par rapport aux derniers scrutins de 2019) ont déjà voté par correspondance, afin de ne pas avoir à rester ou à retourner dans leur commune.

Ce record témoigne de l’intérêt des Espagnols pour ces élections législatives anticipées, qui pourraient mettre fin à la coalition de gauche menée par Pedro Sanchez, au pouvoir depuis 2018, et voir Vox, la formation d’extrême droite, arriver au pouvoir dans une coalition avec le Parti populaire (PP, conservateur), comme c’est déjà le cas dans de nombreuses villes et plusieurs régions autonomes, de la Castille-Leon à la communauté de Valence en passant par l’Estrémadure.

Après avoir vu le bipartisme exploser en 2014 avec l’irruption de nouvelles formations – Podemos à l’extrême gauche, Ciudadanos au centre et Vox à l’extrême droite –, l’échiquier politique espagnol s’est reconfiguré et oppose à présent deux blocs antagonistes.

De gauche à droite, le maire de Barcelone, Jaume Collboni, la présidente du Parlement espagnol, Meritxell Batet, le premier ministre et candidat du Parti socialiste, Pedro Sanchez, le premier secrétaire du CPS, Salvador Illa, et la ministre des transports, Raquel Sanchez, lors d’un meeting, à Barcelone, le 16 juillet 2023.

Le PSOE, mené par Pedro Sanchez, 51 ans, aspire à la victoire de l’union des gauches et à faire mentir les sondages qui envisagent plutôt sa défaite (28 %). Cette fois, son partenaire de coalition ne serait pas Podemos, parti avec lequel la relation a souvent été houleuse et qui s’est effondré aux élections locales, mais Sumar (« Additionner »). Ce mouvement, qui se veut moins clivant, a été créé par la populaire ministre du travail, ancienne militante communiste et avocate des prud’hommes, Yolanda Diaz, 52 ans. Il regroupe une quinzaine de partis de la gauche alternative et régionaliste.

Une implantation territoriale consolidée

A droite, le PP, dirigé par l’ancien président de la région de Galice (2009-2022), Alberto Nuñez Feijoo, part favori avec 35 % d’intentions de vote, selon les derniers sondages. Cet ancien haut fonctionnaire de 61 ans devrait récupérer toutes les voix du parti libéral Ciudadanos, qui a décidé de ne pas se présenter après sa récente déroute aux élections locales. Il n’écarte pas de gouverner en coalition avec Vox si le parti lui est indispensable pour obtenir sa majorité au Parlement, même s’il ne cesse de demander aux électeurs de lui donner une majorité large qui lui permette de se passer de l’extrême droite.

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